La Marie-Clarisse une histoire presque centenaire

La goélette Marie Clarisse, classée « bien patrimonial », est un bateau à voiles de près de 40 mètres destiné à la navigation en haute mer. Le navire, facilement manœuvrable, se prête parfaitement au cabotage et à la pêche hauturière. Elle se caractérise par sa coque en bois à étrave ronde et courbée, sa carène fine, sa quille profonde, son grand tirant et son moteur auxiliaire à hélices. Elle arbore fièrement ses deux mâts et sa voilure crème. Son pont, son gouvernail et ses trois accès à la cale la rendent unique. Le Shelburne Gazette and Coast Guard a longuement vanté les mérites de cette goélette en rapportant qu’aucun bateau en service ne saurait la surpasser, que ce soit sur le plan du design, de la qualité de construction ou de l’équipement à bord.

Construite à Shelburne en Nouvelle-Écosse, en 1923, la goélette est baptisée Archie F. Mackenzie. De 1923 à 1942, la goélette est utilisée pour la pêche, bravant les mers de Terre-Neuve et de la Nouvelle-Écosse, avant de servir pour le cabotage de 1942 à 1974. La légende prétend que la goélette aurait fait un voyage aux Antilles à l’époque de la prohibition.

C’est en 1974 que la Marie Clarisse arrive dans les eaux du Saint-Laurent où elle coulera en 1976 avant que l’officier de marine Alain Canuel la rachète dans le but d’en faire un bateau-école. Il parviendra à la sortir des fonds boueux du bassin Louise et à la remettre en état au chantier maritime des Mailloux à l’Isle-aux-Coudres.

Le 19 juin 1977, la goélette est rebaptisée Marie Clarisse en mémoire d’une autre Marie Clarisse construite à l'Isle-aux-Coudres en 1908 et disparue depuis. Ce baptême permet à la population de Charlevoix d’être témoin de toute une époque maritime aujourd’hui disparue.

En 1978, le gouvernement de l’époque charge le ministère des Affaires culturelles de constituer un patrimoine maritime. C’est dans ce contexte que le premier ministre M. René Lévesque classe la Marie Clarisse « bien culturel ». Une nouvelle vie commence pour la goélette.

En 1983, la famille Dufour achète la Marie Clarisse. La goélette assure la promotion du prestigieux Manoir Richelieu et de l’Hôtel Tadoussac. Elle sert ainsi aux croisières touristiques. La goélette navigue dans les eaux du fjord du Saguenay pendant 18 ans.

En 2001, la goélette est restaurée, et la Société Loto-Québec en devient propriétaire. Tout en assurant la promotion touristique de Charlevoix, elle est mise gratuitement à la disposition d’organismes sans but lucratif aux fins de financement.

Enfin, la goélette Marie Clarisse devient, au printemps 2005, la propriété du Musée maritime de Charlevoix.

En 2010 et 2011, la Marie Clarisse sert de navire-école pour encourager la persévérance scolaire et amener les jeunes à travailler en équipe.

De 2012 à 2015, au Bassin Louise à Québec, des comédiens accueillent les amateurs de bateaux et les curieux en quête de découvertes pour une visite guidée des installations extérieures et de l’intérieur de la goélette, en collaboration avec 3E Événements, la Ville de Québec, le ministère de la Culture et des Communications et Loto-Québec.

Depuis 2016, elle repose, en cale sèche, au chantier maritime du Musée et est ouverte au public.